[Politique] Touche pas à mon département !
Par Aligot-Saucisse, mercredi 16 janvier 2008 à 10:42 :: Aveyron :: #355 :: rss
La France sans ses départements ? Proposée par Jacques Attali, l'ancien sherpa de Mitterrand devenu missionnaire de la croissance pour Sarkozy, cette rupture avec 218 ans d'organisation du territoire n'est pas une idée nouvelle. Toutes les tentatives depuis 1 790 ont pourtant échoué.
Parce que les départements ont une identité et surtout une utilité.
Cette dernière offensive a commencé par les plaques d'immatriculation qui en 2009 ne porteront plus le numéro du département. Formalité ? Les citoyens y voient une perte d'identité. Empruntés par leurs créateurs, Jean Cassini et le Tarbais Bertrand Barrère aux fleuves, aux mers, aux montagnes plutôt qu'aux anciennes provinces pour rompre avec les territoires royaux, les noms des départements sont devenus en deux siècles de vraies identités.
« Je suis Ariégeois, je suis Aveyronnais » dit-on à Paris même si à Saint-Girons ou à Millau, on ne se sent pas du tout Fuxéen ou Ruthénois.
Le gouvernement Fillon, s'est engouffré dans la brèche ouverte par les plaques avec son projet de réorganiser les services de l'État par région et non plus par département. Objectif : tailler à la hache dans les effectifs de fonctionnaires. Attali veut trancher sabre au clair dans la carte de France avec un vieil argument : trop de collectivités en France. Faux procès. Les pays « fédéraux » s'organisent autour des régions, ce que devra réaliser la France irréductiblement jacobine. Mais ils n'ont surtout pas supprimé les collectivités de proximité.
Cette France sans ses départements serait un pays privé à la fois de services publics et de solidarités entre générations, entre urbains et ruraux, entre les plus favorisés et les plus démunis. La gestion du RMI, l'aide aux personnes âgées, le transport scolaire, l'entretien des routes, le logement social, la protection de l'enfance, les collèges : les conseils généraux assument ces missions avec plus d'efficacité que l'État ne le faisait. Il est mal placé aujourd'hui pour dire aux départements : on vous raye de la carte.
François Fillon calme le jeu : "La suppression n'est pas d'actualité".
Commentaires
1. Le lundi 10 mars 2008 à 10:27, par dranreb
2. Le samedi 19 avril 2008 à 20:48, par touchepasamondepartement
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