En début de semaine dernière, le Département s’est fendu d’une motion dans laquelle il appelle de ses vœux que la réforme du système d’immatriculation des véhicules (Siv), mis en œuvre par l’Etat, se poursuive, mais «tout en maintenant de manière systématique le numéro du département sur les plaques d’immatriculation».

En fait, la collectivité départementale considère que la réforme du Siv va au-delà de la directive européenne relative à l’harmonisation des titres et documents administratifs des pays membres de l’Union. En vertu de cette réforme, les plaques des véhicules neufs ou d’occasion (ré)immatriculés à partir du 1er janvier 2009 seront blanches à l’avant comme à l’arrière. Leur numérotation se fera de manière chronologique et à l’échelle nationale : une série de trois chiffres et de deux couples de lettres de part et d’autre (AA-125-AA, par exemple), sans référence au département d’origine des propriétaires(1). Sachant que cette immatriculation sera attribuée à vie au véhicule, le nouveau systè-me a vocation à simplifier les démarches administratives des automobilistes, à alléger les tâches de l’administration et, enfin, à lutter con-tre la délinquance automobile en améliorant l’efficaci-té des contrôles des forces de l’ordre. Arguant du profond attachement des citoyens aveyronnais à cette marque distinctive de leur département, le conseil général demande ni plus ni moins au gouvernement de revoir sa copie, et ce, même si le nouveau Siv prévoit une référence facultative sur la partie droite de la plaque, comprenant le numéro de département surmonté d’un logo régional. De la sorte, les Aveyronnais pourraient continuer à se reconnaître sur la route et leur lieu de villégiature et à donner à leurs enfants des cours de géographie sans bouger du siège de leur voiture. En outre, le département se verrait conforter dans son existence administrative, jamais tout à fait à l’abri des grands élans réformateurs. Et tout ça, grâce à une plaque d’immatriculation...

(1) A raison de l’immatriculation de 3 millions de véhicules neufs par an et de la réimmatriculation du parc existant, la durée de vie du système est évaluée à 80 ans. Le premier système d’immatriculation des véhicules date du début du XXe siècle.

Extrait du journaldemillau.com