Dimanche dernier régnait à Saint-Geniez-d'Olt une ambiance festive comme on en trouve rarement sur les cyclosportives. Il faut dire que les organisateurs de la Marmotte d'Olt avaient voulu fêter dignement le 10ème anniversaire de leur chère épreuve. Ils avaient pour cela mis les petits plats dans les grands, réservant à leurs 981 visiteurs un accueil des plus soigné ! Trois nouveaux parcours, une sécurité encore renforcée et des cadeaux de bienvenue étonnants, tel ce couteau de Laguiole gravé offert aux concurrents des deux grands parcours chronométrés. Car, et c'est là aussi une nouveauté, le petit parcours de 75 kilomètres était considéré cette année comme une randonnée non chronométrée, La Marmotte d'Olt imitant en cela les autres organisations qui ne chronomètrent que les deux grands parcours. Mais le plus beau n'était pas dans les sacs distribués aux participants, le plus beau, il fallait aller le chercher à la force du jarret, le plus beau, c'était et c'est toujours l'Aubrac !

Des sous-bois ombragés, mais aussi des ruisseaux aux méandres innombrables, des petits lacs, des tourbières, l'herbage qui s'empare du paysage tout entier, des horizons qui se profilent à l'infini, l'Aubrac... Ah ! L'Aubrac ! Et comme en ce 18 juin une météo toute en douceur (léger vent favorable, 21 degrés) avait répondu à l'appel de La Marmotte, les cyclistes ont apprécié le spectacle à sa juste valeur. Tout du moins ceux - les plus nombreux - qui ont pris la peine de lever le nez de leur guidon. Car sur un plan purement sportif, le niveau de l'épreuve a cette année franchi un nouveau palier avec des concurrents particulièrement performants, la présence de nombreux participants du Trophée National Ufolep n'étant peut-être pas étrangère à cela. En effet, et il convient de le signaler, la Marmotte d'Olt joue désormais dans la cour des grands, avec les sept autres épreuves du Challenge National organisé par l'Ufolep. Et quand on sait que les lecteurs du magazine "Cyclosport" l'ont classée à la 9ème place de leurs cyclosportives préférées (sur 150), on situe mieux la réputation de l'épreuve de Saint-Geniez !

Un niveau particulièrement relevé donc, en témoignent les moyennes constatées à l'arrivée du très exigeant parcours de 150 kilomètres : les 56 premiers ont réalisé une moyenne supérieure à 30 km/h, la moitié (175) roulant à plus de 27 km/h de moyenne, 259 coureurs bouclant le tracé en moins de six heurs, soit plus de 25 km/h ! Et comme ces participants sont venus cette année des deux tiers des départements français (62 départements représentés contre 51 en 2005) et qu'ils viennent même parfois de fort loin (Bretagne, Nord, Alsace, Normandie, Pays-Basque, Alpes, Bresse, Côte d'Azur, Anjou, Vendée), on peut assurer que la Marmotte d'Olt est une excellente ambassadrice de Saint-Geniez et de l'Aveyron. D'autant plus que tous sont repartis enchantés de leur séjour sur les rives du Lot.

Il faut dire que cette année, la Marmotte d'Olt a frôlé la perfection : très peu de chutes, aucune intervention des nombreux secouristes, une météo favorable, un repas et une animation comme on sait faire ici –bravo les Tournejaïres !- et un traitement informatique des différents classements enfin à la hauteur de la qualité de l'épreuve. Et s'il y a un point sur lequel la Marmotte d'Olt aura vraiment progressé en 2006, c'est bien la maîtrise de ce poste : très peu d'erreurs aussitôt corrigées, une distribution rapide des résultats et des diplômes, pas de stress, pas d'énervement, la sérénité. Ca s'appelle l'expérience ! Voilà en tout cas un apport significatif dû à l'intégration de la Marmotte d'Olt au Trophée National Ufolep.

Sur le plan purement sportif et comme en 2004 et 2005, les jumeaux de La Primaube, Mathieu et Vincent Couffignal, ont manifesté une très nette supériorité en s'offrant un cavalier seul de 85 kilomètres. Après quelques escarmouches dans la bosse de la Crouzette au kilomètre 24, les échappés du matin étaient repris avant Saint-Geniez que le peloton traversait en trombe. Comme à l'accoutumée, la côte de Verlac allait s'avérer l'impitoyable juge de paix de la Marmotte d'Olt. Au fil de l'ascension, le peloton s'égrenait et après le ravitaillement assuré par la population de Verlac, les futurs vainqueurs n'étaient plus accompagnés que de Philippe Argans de Millau et de Rémy Lacroix de Moularès. Christophe Laurent, professionnel de l'équipe Agritubel, en préparation du Tour de France, se payait la fantaisie de côtoyer quelques instants tout ce petit monde, avant de rejoindre le peloton des poursuivants sans chercher à influer de quelque manière que ce soit sur le déroulement de l'épreuve. Dès le pied du col de Trébatut, les Couffignal accéléraient, on ne les reverrait plus. Ils rejoignaient les rives du Lot après les ascensions des Cols de Bonnecombe et d'Aubrac et de la sévère Côte de Mandailles qui ne fut pas un cadeau pour de nombreux papas ! Pour l'anecdote, Vincent passait la ligne devant Mathieu. Ils avaient parcouru les 150 kilomètres en 4h28 à la moyenne de 33,6 km/h. Argans arrivait près de quatre minutes après et l'Ardéchois Thierry Vasquez réglait le sprint d'un petit groupe pour la 4ème place. 3h21 plus tard, le Lotois de Cabrerets, Félicien Lebeau, franchissait la ligne. Il est né en 1925, vous savez, l'année où René Lacoste remportait la première de ses trois victoires à Roland Garros !

Sur le parcours de 112 kilomètres, quatre coureurs se présentaient détachés à Saint-Geniez et Fabien Admiral de Saint-Chély-d'Apcher l'emportait au sprint devant Alexandre Cabrera de Montagnac et le Ruthénois Gilles Combres, habitué du podium au pays des fraises ! Le local Dominique Balitrand s'octroyait une splendide 4ème place.

Extrait de Vélo101.com